Honneur ou Humanité ?


Messieurs Juppé, Fillon et Raffarin parlent d‘honneur pour décrier un retard français dans l’aide et l’assistance aux minorités irakiennes. Le mot honneur, pardon, devient très politicien ici.

On perçoit le procès qui s’annonce. Et puis s’agit-il d’honneur ? Le terme renvoie parfois au narcissisme, et à l’égocentrisme; la marque d’une grandiloquence déplacée.

Le mot ne convient pas, trop ambigu.

C’est d’humanité dont il s’agit.

La France vient de décider de faire parvenir des armes au gouvernement autonome du Kurdistan. Face à la tentation génocidaire, on ne transige pas ; on la combat, avec la dernière énergie, au nom de l’humanité tout simplement.

Le Kurdistan remercie chaleureusement la France. Pour une fois soyons unanimes à être tout simplement fiers d’avoir été humains, et laissons la politicaillerie au vestiaire.

Gaza : il faut que cela cesse

 

gazaLa communauté internationale ne peut s’habituer à faire le compte des victimes dans Gaza.

Les souffrances s’ajoutant aux souffrances ne permettront aucune issue politique. La haine rajoutera à la haine.

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités et doit décider d’une force d’interposition pour faire cesser les combats.

La population de Gaza y trouverait enfin le répit nécessaire au soin de ses blessés ou à l’enterrement de ses morts ; et Israël, la fin des tirs de roquettes et des intrusions armées dans les tunnels creusés.

Cette question doit être posée au plus vite au Conseil de sécurité de l’ONU

Enfin, rappelons qu’il n’y aura pas de paix sans droit.

Il faut deux Etats et que cesse la colonisation contraire au droit des parties entières de la Cisjordanie qui rendront bientôt impossible l’idée même de la création d’un Etat palestinien sur un territoire unifié.

Christine Pedotti
Pascal Percq
Bernard Stephan
Jean-Pierre Mignard

Paul Jean-Ortiz

J’apprends la mort de Paul Jean-Ortiz, le conseiller diplomatique du Président de la République, décédé d’un cancer.

C’était un homme remarquable.

Je garderai toujours en souvenir son engagement lorsqu’il était consul général à Canton où il avait joué un rôle majeur pour permettre à plusieurs dizaines d’étudiants de fuir la répression sanglante de la place Tian’anmen en 1989.

Nous les avons accueillis à Hong Kong avec William Bourdon, le docteur Jacques Lebas, et bien d’autres. Nous avons facilité leur venue à Paris où l’asile leurs a été accordé et où ils étaient bientôt plus de cent.

Je me souviens de leurs chants, sur un bateau mouche passant sous les ponts de Paris. C’étaient leurs slogans et leurs chants militants de la place Tian’anmen. Certains pleuraient.

Quel étrange moment…

Je me souviens des étudiants descendant les Champs Elysées avec leur bandeau blanc sur le front et leurs bicyclettes actionnant  dans le silence leur sonnette de vélo en soutien des évènements et de leurs camarades restés sur place.

Un million de spectateurs faisaient silence, c’était lors du grand ballet de Jean-Paul Goude le 14 juillet 1989 pour le bicentenaire de la Révolution Française.

Je me souviens de tout cela aujourd’hui parce qu’hier, Paul Jean-Ortiz, diplomate, démocrate, homme de foi,  de courage et de conviction, nous a quitté.

A Dieu.

La succession de Jaurès

Jaures_Stuttgart_1907

Il y a cent ans, Jaurès était assassiné.

Traditionnelle dispute sur la désignation de ses héritiers.

Il n’y avait pas de notaire lorsque son assassin l’a tué. La succession reste donc ouverte.

Jaurès était-il réformiste ou était-il révolutionnaire ? La belle question que voilà.

Les révolutionnaires diront qu’il était des leurs alors qu’il se serait très certainement dressé contre Lénine, le parti unique, la dictature du prolétariat et le communisme.

Jaurès était un républicain et un démocrate.

Les modérés en font un des leurs, précisément pour cela, pourtant il n’était pas plus modéré que révolutionnaire . Il était habité par l’idée de justice dont il était un combattant intraitable.

Jaurès n’est donc pas récupérable, ni par les révolutionnaires qui lui dressent un mausolée, ni par les modérés qui, à force de l’embaumer, l’étouffent.

Jaurès était socialiste, ce qui équivalait pour lui à un humanisme radical.

Définitivement irrécupérable.

Gaza, la fraternité ou rien

Le Président de la République a reçu les représentants des cultes chrétien, juif, musulman et bouddhiste. Il n’y avait là que des personnes estimables et la République ne pouvait que s’honorer de les réunir.

Pour autant, le conflit israélo-palestinien et ses prolongements en France ne peut se résumer à une question de confession.

C’est un conflit politique et territorial datant de 1948 avant tout.

L’imprégnation confessionnelle rajoute au problème mais ne peut prétendre l’exprimer.

Il  faut prendre garde à ne pas confessionnaliser ce conflit qui ne trouvera pas sa solution dans la récitation de prières communes, fut-elle celle du pape, de Shimon Peres et de Mahmoud Abbas. Il fallait d’ailleurs comprendre cette prière, c’était un appel à tous pour agir.

Aujourd’hui, le peuple d’Israël a un Etat sans sécurité et le peuple palestinien n’a ni Etat, ni sécurité.

Il n’est pas choquant que de jeunes français arabes soient solidaires du peuple de Gaza (même si le jeu pervers du Hamas mériterait de leur être dévoilé), comme il n’est pas choquant que de jeunes français juifs soient solidaires du peuple israélien (même si le jeu nationaliste du Likoud devrait leur être signalé).

C’est leur problème comme c’est le nôtre. D’ailleurs, la France a toujours été au cœur du monde juif et du monde arabe.

Les religieux d’ici peuvent jouer un rôle d’apaisement.

  • D’abord en étant des messagers de paix et en faisant valoir l’identité commune des religions juive, chrétienne et musulmane, au travers de la bible, l’évangile et du coran. Une lecture à trois voix serait parfois bien utile.
  • Ensuite, rappelons nous que si tant de jeunes des quartiers manifestent pour les victimes de Gaza, ce n’est que le reflet de leur propre malaise en France où les discriminations restent vives.

Beaucoup de jeunes français arabes et africains ignorent les persécutions dont ont été victimes les juifs en France.

Nous sommes trop à méconnaitre le sentiment de paria qu’éprouvent trop de jeunes français arabes en France.

C’est pourquoi il faut barrer la route à ce conflit naissant entre parias d’hier et d’aujourd’hui.

Les interdictions, les mots qui blessent, les analogies trompeuses … remuent les braises.

Il faut de la fraternité.

Manifestation en soutien à Gaza

7545126-la-manif-pro-gaza-a-paris-vire-a-l-affrontement-38-interpellationsHier samedi quartier Barbes manifestation contre la guerre à Gaza interdite. C’est un droit dont le ministre peut user. Légalement rien à dire.

Apparemment on a tiré des grenades lacrymogènes sur le cortège des manifestants à peine formé et alors qu’aucune violence n’avait été commise (sauf l’imbécilité de bruler des drapeaux israéliens mais c’est une violence symbolique).

On ne pouvait pas tenter de parlementer avant ? Que les responsables de la police rencontrent les responsables de la manifestation ? Incitent à une dispersion dans le calme ou tolèrent un rassemblement statique ? Qu’est ce qui a été tenté pour éviter l’affrontement ?

Des explications ne sont pas de trop surtout qu’il n’y a eu aucun incident dans les villes de France ou les manifestations avaient été autorisées. Il ne faut pas importer le conflit israélo palestinien en France, précisément…

L’amnésie de Monsieur Nicolas Sarkozy

Nicolas_Sarkozy

Les juges d’instruction sont indépendants. Impartiaux je ne sais, mais nous n’avons pas d’autres motifs que de les croire et s’ils sont partiaux, cela se prouve. C’est à Nicolas Sarkozy de prouver que le ou les juges sont partiaux.

Soit parce que les faits n’existaient pas, soit parce qu’ils sont exagérés, soit parce que les qualifications pénales ne sont pas les bonnes.

Dans ce cas, il faut faire un recours devant la Cour d’appel. La loi le prévoit.

Enfin, les Juges ne sont pas seuls, il y a aussi le procureur  national financier qui prend des réquisitions. Et enfin les services de police d’enquête.

Il n’y a rien à dire de plus. Cette enquête n’est pas le fait d’une ou deux femmes juges mais de tout un service.

Durant sa présidence, Monsieur Nicolas Sarkozy avait souhaité faire disparaitre les juges d’instruction.

Les affaires pénales devaient être confiées au Procureur de la République, le Parquet qui conduirait seul les enquêtes préliminaires.

Les procureurs, selon la loi organique de 1958, sont placés sous l’autorité directe du Ministre de la justice, Garde des sceaux, c’est à dire de l’exécutif politique.

Sous le quinquennat de Monsieur Nicolas Sarkozy, les procureurs pouvaient légalement recevoir des instructions du Ministre dans les dossiers. C’était la loi Perben. Les Procureurs sont ainsi une sorte de commissaires du gouvernement.

Ceci explique que la Cour Européenne des droits de l’homme dénie la qualité de magistrats aux procureurs, c’est-à-dire au parquet français. Elle considère qu’il n’est pas indépendant du pouvoir politique. C’est pourquoi, il faut que les procureurs deviennent indépendants du pouvoir politique, que la loi organique soit changée et qu’ils deviennent des magistrats à part entière.

Il faut agir Monsieur le Président de la République, il faut agir Madame TAUBIRA

Monsieur Nicolas Sarkozy quant à lui veut une justice indépendante. Il a raison. Pourquoi durant cinq années et même avant s’est-il évertué à la tenir d’une main de fer par des procureurs généraux directement liés au pouvoir politique ? Pourquoi a-t-il dû céder sur la présence des avocats lors de la garde à vue sous pression de la Cour Européenne des droits de l’homme ?

Sur ce point et ce sera mon seul commentaire, Monsieur Nicolas Sarkozy n’est pas sincère ou il n’est pas cohérent. Dans tous les cas, il est amnésique.

Jacques Toubon défenseur des droits ?

Jacques Toubon défenseur des droits ?
Il s’agit d’une fonction cruciale.
Le défenseur des droits doit être pourvu de la légitimité la plus totale.
Il ne doit être ni de droite, ni de gauche, ni du centre.
Jacques Toubon est sans doute un homme honorable, mais il est l’ancien secrétaire général d’un parti.
Il n’a jamais participé ni de près, ni de loin à l’élaboration d’une loi d’émancipation  et n’y a par ailleurs jamais associé son nom.
S’il fallait choisir un homme ou une femme de droite, il y en avait d’autres.
Il y avait d’autres hommes et d’autres femmes de gauche.
Là, vraiment, on reste interdit devant cette proposition.
Le président de la République doit proposer d’autres noms.
Celui-ci, en dehors de toute question tenant à la personne de Jacques Toubon, n’est pas acceptable.