Quand l’ancienne garde des sceaux ne discerne pas les racines et les références d’Emmanuel Macron

Les racines sont profondes, la laïcité de liberté de Briand, l’aversion tout droit inspirée de Clemenceau du colonialisme, le gaullisme social avec la nouvelle société de Chaban- Delmas, le club Jean Moulin, la deuxième gauche socialiste de Michel Rocard, l’engagement européen de la démocratie chrétienne de Robert Schuman et de la social-démocratie européenne à quoi il faut ajouter un ancrage dans le nouveau monde technologique du XXIe siècle et une citoyenneté active.

Il est issu et fait de tout cela. Il suffit de le lire de l’écouter et de bien vouloir lui accorder la sincérité de ses références.

Mais l’inculture, le sectarisme ou, pire, les deux, sont un bandeau pour les yeux et un bouchon pour les oreilles.

Encore dommage. Gardons-nous des sectaires.

Interview de Jean-Pierre Mignard dans l’Opinion

Le renouveau politique souhaité par Emmanuel Macron est-il le signe d’une crise profonde du système ?

Le système politique français à bout de souffle. La Ve République s’est construite en 1958 sur une menace de coup d’État. Il ne faut pas oublier que les parlementaires s’étaient réfugiés à l’Assemblée nationale et que l’on racontait que des listes étaient dressées. Le Général de Gaulle n’est pas un dictateur mais un républicain d’ordre. Il installe au départ une majorité qui ressemblera un peu à ce que devra faire Emmanuel Macron. C’est-à-dire qu’il labellise une majorité présidentielle, au sein de laquelle il y a le parti qu’il a créé, l’UNR, le MRP, la démocratie chrétienne, mais aussi la SFIO, dont la grande majorité des socialistes, derrière Guy Mollet, vont participer au gouvernement du Général de Gaulle jusqu’en 1960.

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Tribune libre sur l’Opinion

Eric Halphen et Jean-Pierre Mignard: «Le doigt et le bras»

« Chasse aux sorcières ». C’est par ces mots que Donald Trump a réagi aux appels à la démission de son ministre de la justice Jeff Sessions, soupçonné d’avoir menti sur ses rencontres de l’année passée avec l’ambassadeur de Russie. Si l’on a du mal à comprendre de quelles sorcières il pourrait bien s’agir, on perçoit sans difficulté la stratégie ainsi mise en œuvre par le président américain : quand certains pointent du doigt l’erreur ou la faute, rien de plus efficace pour contourner le problème que de se focaliser sur le doigt.

Ni chasse ni complot ni guerre, pourtant. Le journaliste et le juge ont un point commun : ils n’ont pas créé une histoire qui leur préexistait, ils se contentent de la découvrir ou de la raconter – et le cas échéant de la sanctionner. Piliers l’un et l’autre de la démocratie, ils sont là, tout simplement, pour chercher la vérité ou en appeler au respect des règles. La justice est dans une démocratie un pouvoir, ainsi la voyait Montesquieu. Elle est l’intermédiaire indispensable, le médiateur patient, le régulateur obstiné, l’instance pacificatrice sans laquelle les conflits inhérents à toute société conduiraient le corps social à s’entre-déchirer, voire pire. Ne confondons pas la partition avec ceux qui s’escriment à la déchiffrer.

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