America burning ?

Protests Continue In Missouri Town After Police Shooting Of 18-Yr-Old Man

Le progrès humain n’est pas un long fleuve tranquille, une aimable croisière où l’on fait des haltes rafraîchissantes. Le retour dans le passé happe les hommes par surprise, ou lorsque la lucidité les a abandonnés. Les émeutes de ces derniers mois aux États-Unis, opposant des Noirs aux forces de l’ordre, nous renvoient aux années 1960. Les violences dans les villes de Ferguson – où fut tué le 9 août Michael Brown –, Cleveland, New York, ou Phoenix, durement réprimées, trouvent leur cause dans la brutalité des méthodes policières vis-à-vis de personnes noires, dont le moindre geste est perçu comme menaçant et autorise de tirer sans précaution.« Shoot first », on tire d’abord. Et on réfléchit ensuite ? Sur un adolescent qui a un geste suspect à Ferguson ou un gamin de 12 ans qui joue avec un revolver factice. On tire et on tue.

Le pire, c’est que la justice suit et cautionne. La légitime défense commence là où l’on s’estime menacé. Définition tellement subjective qu’elle autorise tout. En France, le droit impose des critères objectifs. La jurisprudence américaine est une prime à la peur. Rajoutons à cela l’ancestrale hostilité d’une partie de la population américaine à l’encontre des Noirs, le peuple de l’esclavage, dont l’abolitionniste blanc, Abraham Lincoln, fut assassiné par un raciste blanc. Le parlement des États-Unis a publiquement demandé pardon au peuple noir. Mais cela ne suffit pas, notamment à redresser un revenu des Noirs retombé depuis 2008 au niveau de 1967…

Le clivage s’est certes estompé après un siècle de combats acharnés, mais aujourd’hui les 3/5e des 1,3 million de détenus sont noirs.Le taux de chômage des Noirs est de 15 %, deux fois plus que la moyenne nationale, et 38 % des enfants noirs vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Tout cela malgré un président noir dont on mesure la détestation par les fanatiques du Tea Party et autre suprématistes de la race blanche ou lecteurs débiles du chapitre 9 : 7 de la genèse.

L’action sur les armes est la première réponse et d’abord sur leur usage par les policiers. Comparons avec la Grande-Bretagne où le risque de se faire tuer par un policier est 100 fois moins important. Agir sur le droit aussi est indispensable et c’est aux grands jurys et à la Cour suprême de le faire progresser. A l’économie et à l’éducation de promouvoir l’égalité. Et parce que le travail sur les mentalités empoisonnées par la bêtise et la peur est long, très long, lire et faire lire Abraham Lincoln, John et Robert Kennedy, qui en pleurait de rage et de honte, et puis parmi les grands bergers de l’humanité, Nelson Mandela, Martin Luther King, tiens, des Noirs ? Oui et Disons leur merci ! Ils ont rendu le monde meilleur, et nous avec.

Jean Pierre Mignard et Bernard Stephan
Co-directeurs de la redaction

« Gardiens de nos frères » : les raisons d’un livre

C’est parce que les temps sont menaçants que j’ai éprouvé le besoin d’écrire ce livre : Gardiens de nos frères, paru en novembre chez Stock.

Le monde affronte un changement de cycles historiques. Les limites du modèle de croissance du capitalisme du 19e siècle et du 20ème siècle sont devant nous. La pollution et le désordre climatique, avec leur cortège d’évènements extrêmes, de sécheresse ou de submersion, vont accélérer les flux migratoires. Les souverainismes, les nationalismes de tous ordres et l’extrémisme religieux ne font que croître.

Aux cotés de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité il nous faut promouvoir le beau mot d’Hospitalité. C’est un appel que je lance, en tant que chrétien et en tant que socialiste, car tels sont mes deux engagements: il faut restaurer le partage ! La démocratie et les droits de l’homme, assaillis de partout, ne seront sauvés qu’à ce prix.

Serons-nous, selon l’injonction de Dieu à Caïn, les gardiens de nos frères ?

gardien de nos freres

La mort de Jacques Barrot

jacques-barrotAdieu Jacques Barrot

Jacques Barrot est décédé hier à 77 ans, victime d’un infarctus dans le métro parisien.

Homme politique, parlementaire, plusieurs fois Ministre et enfin membre du Conseil Constitutionnel, c’était un ami, son père était député de la Jeune République.

Il fût toujours nostalgique d’une grande famille du centre, même s’il était loyalement attaché à sa famille politique.

Il était l’archétype de ce que la démocratie chrétienne produisait de meilleur. Sans doute dans les moments difficiles, était-il guidé par sa foi chrétienne plus que par d’autres considérations.

Lui le démocrate-chrétien, moi le socialiste, nous aurions aimé être membres d’une même formation. Vieux débat jamais refermé.

Je me souviens d’une visite avec lui à Notre-Dame du Puy-en-Velay. Nous avions vu la Vierge noire. Il l’admirait mais disait-il avec un sourire : «  il faut que le culte marial ait sa place … mais rien que sa place ».

Passionné, homme plein de colère, il était aussi tolérant et généreux.

Je me joins à toute sa famille et de tous ses amis, dont j’ai l’honneur d’avoir fait partie.

Adieu Cher Jacques.

Il vous accueillera.

A propos du déjeuner François Fillon Jean-Pierre Jouyet :

A propos du déjeuner François Fillon Jean-Pierre Jouyet :

De nouveau, on a beaucoup caqueté sur l’indépendance de la justice, chacun tentant d’arracher un petit avantage d’un déjeuner ou l’un aurait demandé à l’autre ce qui ne lui a pas été accordé.

Beaucoup de bruit pour rien, du côté de Nicolas Sarkozy, pour qui les procureurs sont des préfets de justice, on va beaucoup se victimiser ; mais allons droit au fait.

Toute la classe politique, tous les parlementaires peuvent à tout moment, Sénat et Assemblée réunis, et a une majorité qualifiée, abroger la loi organique de 1958 qui place les procureurs sous autorité du Ministre de la Justice et, en effet, peut laisser planer l’idée qu’ils en sont les préfets.

Que le Président propose simplement de rompre le lien entre les procureurs et le Ministre de la Justice, ainsi les procureurs deviendront des magistrats indépendants et impartiaux, ce qu’exige de la France, la cour européenne des droits de l’homme ou l’OCDE qui regrette qu’ils ne le soient pas.

Chaque député, chaque sénateur se déterminerait et on verrait bien si tant d’amour pour une justice indépendante se traduit dans les faits, c’est-à-dire dans les votes.

Des millions de français considèreront ce moment avec beaucoup de curiosité.

Chiche ?