Russie : Le National populisme

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L’assassinat de Boris Nemstov, animateur du mouvement anti guerre, rajoute à la liste des personnalités disparues de mort violente en Russie depuis la reprise en main du pays par Vladimir Poutine : les plus dramatiquement célèbres, Anna Politkovskaia et sa consœur journaliste de Novaia Gazetta Estemirova, l’agent Lltvinenko réfugié à Londres, tué au polonium, et un oligarque, Boris Berëzovski, dont le suicide n’a convaincu personne comme la mort de l’avocat Magnistki. L’avocat Navalny n’a pu manifester, il était en détention On ne compte plus les fois où Kasparov a dû être mis de force dans un fourgon de police.

Il faut lire les rapports de la Cour européenne des droits de l’homme, les multiples rapports parlementaires de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe, de l’OSCE pour apprécier à quel point la Russie largue les amarres de ses choix démocratiques post-Perestroïka. Même le dévoiement d’Interpol par le parquet russe à des fins de traque politique y est constamment dénoncé. Sur fond de corruption et de peuple maltraité.

Le dimanche 1er mars, 70000 citoyens russes ont dit non à cette dérive autocratique, au nom d’un peuple qui n’a jamais, dans sa longue histoire, connu la douceur démocratique. Les ukrainiens éprouvent chaque jour ce que la brutalité signifie lorsqu’elle devient le maître mot du combat politique. Que personne ne vienne dire que « la Crimée est russe après tout ». A ce rythme-là on se disputerait encore l’Alsace et la Lorraine avec l’Allemagne. En droit international, on respecte les traités et, s’ils sont devenus caducs, on ne les modifie pas à coup de charges de blindés et de tirs d’obus perforants. Il faut soutenir les démocrates russes. Plus que jamais et s’élever contre tout compromis avec Poutine qui serait une faiblesse. Enfin, il est temps, plus que temps, de s’interroger sur cette étrange idéologie qui rallie pêle-mêle la direction russe, la Hongrie de Orban, à celle du Front National français, et que l’on pourrait dénommer : le national populisme. C’est devant nous.

Voir l’article sur Témoignage Chrétien

Gardiens de nos frères

gardien de nos freres

De Jean-Pierre Mignard, éd. Stock, 153 p.17,00 €

À travers le parcours de Jean-Pierre Mignard, membre du Comité éditorial de Témoignage chrétien, on revit 40 années de l’histoire de l’Église catholique et du militantisme politique, de Mai 68 au « Mariage pour tous ». Ce récit autobiographique donne à voir un « catho de gauche » qui appelle aujourd’hui à refonder la politique et à adhérer plus pleinement au message évangélique.

Témoignage Chrétien

La presse en parle

Catholique pratiquant, partisan du mariage pour les homosexuels, le rocardien Jean-Pierre Mignard publie un essai – Gardiens de nos frères (Stock) – qui mêle réflexions sur la religion et la politique. L’occasion de donner aussi quelques conseils à son ami François Hollande.
Le Figaro (Marie-Amélie Lombard-Latune)

Eric Naulleau : Votre livre, Monsieur Mignard, que j’ai trouvé remarquable […] formidable livre …
Paris Première (Zemmour et Naulleau)

Gardiens de nos frères, aux éditions Stock, un livre que je vous recommande vivement de lire.
La radio de la communauté juive RCJ (Jacques Benhamou)

Dans Gardiens de nos frères (aux éditions Stock*), l’avocat Jean-Pierre Mignard parle de ce qu’il n’avait jamais évoqué avec tant de fougue : sa foi de catholique pratiquant. Et il interpelle son ami, le président.
Le Point (Violaine de Montclos)

Votre nouveau livre, qui est très intéressant, s’appelle Gardiens de nos frères. Il y ait question de François Hollande notamment avec qui vous n’êtes pas franchement tendre. Il est question aussi de Jésus, de Dieu ; vous parlez aussi de votre foi et c’est à lire…
France Inter (Léa Salamé)

Gardiens de nos frères, le titre de votre livre dit ce qu’il est, c’est un message de fraternité, une nécessité de repenser l’action politique à l’aune de votre panthéon personnel. On y trouve Jésus de Nazareth, de Gaulle, Mendes France, Delors. Vous vous livrez et vous y allez cash concernant votre ami de toujours, François Hollande
Itélé (Olivier Galzi)

Lu dans le Monde article sur « l’antisémitisme impulsif » des profanateurs de tombes de Sarre-Union.

Non désolé. L’antisémitisme n’est ni une pulsion ni une impulsion. C’est un fait de sous culture dévoyée, apprise et répétée depuis le fond des âges français. Ce n’est même pas la crainte instinctive que l’on peut éprouver les premières fois devant un humain de peau différente.

L’antisémitisme est une perversion, une maladie de l’esprit, cérébrale, apprise, mâchée et rabâchée.

Donner un contenu au front républicain

Les élections législatives dans la 4ème circonscription du Doubs augurent de la persistance du malaise démocratique français. Dans une circonscription populaire, le Front National atteint 32,60 % des suffrages au premier tour sur un nombre réduit de votants. N’empêche ! Le Parti socialiste obtient 28,85 % ce qui est une bonne nouvelle pour lui malgré une chute de 12 points depuis les élections de 2012. Le candidat UMP est éliminé pour n’avoir obtenu que 26,54 % des voix.

Le résultat est plus qu’incertain. Le parti socialiste peut espérer obtenir des poussières de voix éclatées sur de multiples candidatures.

Le Front national peut espérer dans la logique de sa dynamique mobiliser plus d’abstentionnistes, et, il le déclare déjà, obtenir le plus gros soutien des électeurs UMP.

Le PS a lancé de multiples appels solennels à un front républicain qui à cette heure-ci n’ont pas trouvé d’écho. Le candidat UMP local a même témoigné de son intention dans ce sens mais les instances fédérales semblent le contredire, le bureau politique  de l’UMP s’orientera vers le ni-ni, ce qui est la position de Nicolas Sarkozy relayée par Bruno Lemaire, Henri Guaino, les dirigeants de la droite forte.  Seuls Nathalie Kosciuco-Morizet  et Alain Juppé ont fait connaître leur appel à voter PS.

Qu’est- ce que le Front républicain ? Vieille idée, sans doute bonne idée mais idée dont la vacuité, l’invocation creuse n’échappe aujourd’hui à personne. C’est une pièce de théâtre. On se chamaille avant le baisser de rideau et on s’embrasse lorsque l’on le lève. Satisfaits de cet happy-end, les électeurs votent comme les spectateurs applaudissent. Tout cela est d’un autre temps. Les forces de toute la gauche, y compris de l’extrême gauche et de la droite républicaine ne peuvent plus de contenter de cette défroque de front. Il y faut du contenu.

Le contenu on le connaît c’est l’Europe. Qu’est-ce qui distingue ce vaste arc qui va de la droite républicaine au Parti communiste, c’est qu’on y conteste pas l’Europe. On peut être en désaccord sur des formes d’organisation de l’Europe mais on y est favorable et c’est à tous les partis européens de lui donner un sens démocratique, humain, social sans quoi il n’y aura jamais ni succès économique ni de défense commune.

Le FN a fait une campagne protectionniste, anti-européenne doublée d’une hystérie anti-islam. A l’évidence, efficace.  Face à lui, l’unité nationale ne peut pas être un slogan creux, ni servir à ravauder des habits déchirés. Ça doit être d’abord un projet partagé dans le domaine du travail, de la croissance, de l’initiative économique, de la  santé, de l’éducation et de la fraternité.

Sinon, le rideau du théâtre se refermera sur des salles vides et des bureaux de vote désertés. On connaît la suite.