Non au Grexit !

« Non » se dit oxi en grec, et nous disons non au Grexit, à la sortie de la Grèce de la zone Euro. Ce qui semble se préparer contre la Grèce n’est pas acceptable. La Grèce doit rester dans l’euro et pour plusieurs raisons. Nous ne nions tout d’abord pas que le programme de Syriza ait surestimé les marges de négociation. C’est vrai. Mais ce gouvernement, sans doute raide et inexpérimenté, n’a pas précipité le pays dans le chaos comme tous ses prédécesseurs qui, avant la crise de 2008, ne s’étaient jamais attiré de remontrances de l’Eurogroupe.

Syriza a voulu mettre un terme à la politique suicidaire d’austérité imposée par l’ex-troïka, de laquelle s’est démarqué Dominique Strauss-Kahn, évoquant le 28 juin une erreur du FMI dans la gestion de la crise grecque… Il le dirigeait. Dont acte. Aujourd’hui, Aléxis Tsípras revient devant le peuple pour lui en référer. Où est le scandale ? Le peuple est-il un scandale ? Aujourd’hui, la Deutsche Bundesbank et les États du Nord réclament encore une hausse de la TVA, une réduction des pensions de retraite alors que la chute des revenus plonge une partie de la population dans la pauvreté ou la précarité. Par exemple, une TVA sur l’hôtellerie à 13 % alors que partout elle s’établit entre 8 % et 10 %. Seule la France a soutenu la Grèce sur ce point, poignardée par l’Espagne et le Portugal, qui ont déjà tout accepté. En Espagne, le peuple gronde. On tue le marché intérieur et le tourisme dans l’espoir de recettes incertaines. Les créanciers exigent de plus un excédent, hors charge de la dette, de 1 % du PIB en 2015, 2 % en 2017 et 3,5 % en 2018.

La dette est de 320 milliards d’euros avec des taux de remboursement implacables. Les plans d’aide chutent dans ce gouffre, sauf à étendre l’aide, à la fois en l’augmentant et en la prolongeant, sauf à reporter les échéances de son remboursement, sauf à aller jusqu’à purement et simplement l’effacer, au moins pour les créances publiques. Ce n’est pas fantaisiste. Clémenceau ne l’avait pas voulu lors du traité de Versailles avec l’Allemagne, et on a eu la guerre. On l’a fait en 1953 avec l’Allemagne, qui devrait s’en souvenir, et on a eu la paix.

La Grèce est dans l’euro, c’est sa place. Son départ serait une triste nouvelle, sauf pour les comptables. C’est pour des raisons politiques qu’on lui a proposé d’entrer. C’est pour les mêmes raisons, avec des efforts de part et d’autre, qu’elle doit y rester. La France, qui a joué jusqu’alors un rôle d’intermédiaire bienveillant mais silencieux doit dorénavant parler haut et fort. Grexit ? Oxi

Jean-Pierre Mignard et Bernard Stéphan
Co-directeurs de la rédaction de Témoignage chrétien

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