Europe : Hollande avait raison, le débat aura lieu
Qui aura le scalp de la BCE ?
N. Sarkozy, apparemment en rupture avec A. Merkel, et une fois de plus avec lui-même, a semblé remettre au goût du jour l’idée de reprendre le contrôle de la BCE puis s’excuser à nouveau pour ne plus revendiquer ensuite que le droit d’en parler.
Pourquoi avoir tant décrié l’intention de François Hollande d’en ré-débattre ?
C’est très important la BCE, puisque d’elle dépend que les Etats battent monnaie ou laissent le marché fixer les taux de change. En fait, la BCE a évolué depuis le début de la crise et elle est intervenue en organisme préteur pour soulager les banques. Elle a sauvé l’euro.
Faut-il qu’elle prête aux Etats ? A condition de rester indépendante, pourquoi pas ? Car l’indépendance reste essentielle sinon la banque sera la commodité d’Etats mauvais gestionnaires. Mais doit-on laisser les Etats livrés aux fonds spéculatifs ?
Un point reste sûr : François Hollande a raison de rouvrir le débat que nous avons laissé derrière nous depuis le referendum. C’est même le pur bon sens. Nos partenaires allemands à leur tour se font à cette idée.
Quelle leçon en tirons-nous sinon que la question ne pouvait pas se résoudre par oui ou par non mais par une série de conditions :
Pas de pacte légitime commun de stabilité sans nouvelle croissance commune,
Pas de banque indépendante sans coordination des politiques économiques des Etats,
Pas de coordination économique des Etats sans volonté démocratique commune,
Pas de volonté démocratique commune sans intervention directe des peuples dans le processus européen.
On peut toujours tourner et retourner le problème européen dans tous les sens. Trois concepts politiques s’imposent : celui de fédéralisme, celui de nouvelle croissance et celui de peuples.
Comme l’ouvrage sur le métier à la façon de Boileau, il faudra remettre les traités. A cette condition, les jeunes, les chômeurs, les travailleurs, les entrepreneurs reprendront le goût de l’Europe.
Marseille le 17 avril 2012

