Tribune libre sur l’Opinion

Eric Halphen et Jean-Pierre Mignard: «Le doigt et le bras»

« Chasse aux sorcières ». C’est par ces mots que Donald Trump a réagi aux appels à la démission de son ministre de la justice Jeff Sessions, soupçonné d’avoir menti sur ses rencontres de l’année passée avec l’ambassadeur de Russie. Si l’on a du mal à comprendre de quelles sorcières il pourrait bien s’agir, on perçoit sans difficulté la stratégie ainsi mise en œuvre par le président américain : quand certains pointent du doigt l’erreur ou la faute, rien de plus efficace pour contourner le problème que de se focaliser sur le doigt.

Ni chasse ni complot ni guerre, pourtant. Le journaliste et le juge ont un point commun : ils n’ont pas créé une histoire qui leur préexistait, ils se contentent de la découvrir ou de la raconter – et le cas échéant de la sanctionner. Piliers l’un et l’autre de la démocratie, ils sont là, tout simplement, pour chercher la vérité ou en appeler au respect des règles. La justice est dans une démocratie un pouvoir, ainsi la voyait Montesquieu. Elle est l’intermédiaire indispensable, le médiateur patient, le régulateur obstiné, l’instance pacificatrice sans laquelle les conflits inhérents à toute société conduiraient le corps social à s’entre-déchirer, voire pire. Ne confondons pas la partition avec ceux qui s’escriment à la déchiffrer.

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